Le 10 juin dernier, le Sénat adoptait à l’unanimité une proposition de loi pour freiner l’essor de la fast fashion, ce modèle économique fondé sur la surproduction, la destruction de l’environnement et l’exploitation humaine.
Ce texte visait explicitement les géants du secteur, au premier rang desquels Shein, symbole de cette dérive consumériste que notre pays s’est engagé à combattre. Pourtant, cette même marque s’est installée en novembre 2025 au BHV Marais.
Ce partenariat va à rebours de tous les engagements pris par la France et par Paris pour encadrer plus fermement l’industrie de la mode, responsable de 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre mais qui pourrait, si les tendances actuelles se poursuivent, en représenter 26 % d’ici 2050.
Et comme si cela n’était pas déjà suffisamment préoccupant, Shein avait été signalée à la justice française pour la commercialisation de poupées sexuelles à caractère pédopornographique. La Répression des fraudes (DGCCRF) a constaté que le site proposait à la vente des « poupées d’apparence enfantine », dont la description ne laissait guère de doute sur leur nature.
Cette affaire, d’une gravité inouïe, est révélatrice du cynisme absolu d’une marque qui bâtit sa prospérité sur l’exploitation du travail humain et le piétinement des valeurs morales les plus élémentaires. L’arrivée de Shein dans un grand magasin historique du cœur de Paris est un symbole catastrophique. Tandis que les salarié·es du BHV alertent depuis le rachat du magasin par la Société des Grands Magasins, propriété de M. Merlin, sur la dégradation de leurs conditions de travail et la suppression d’emplois, ce même M. Merlin a fait placarder une immense photographie le montrant bras dessus, bras dessous avec Donald Tang, président exécutif de Shein, comme s’il s’agissait d’une victoire nationale.
