Le mardi 23 juin 2026 était la journée la plus chaude jamais enregistrée en France depuis 1947. Des villes comme Nantes atteignaient les 42°C. Le réchauffement climatique est une réalité du quotidien et les spécialistes anticipent un Paris à 50°C dans les prochaines années.
Cependant, la canicule n’impacte pas de la même façon les différentes classes sociales. Les quartiers populaires connaissent particulièrement le phénomène de « bouilloire thermique », qui y est extrêmement présent. Il s’agit d’une inégalité territoriale majeure en France. Selon la Fondation pour le logement, un logement sur trois se transforme en bouilloire thermique dès qu’il fait chaud.
Cette situation révèle une véritable inégalité territoriale et sociale. Ainsi, 59 % des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville, c’est-à-dire des classes populaires, déclarent avoir souffert de la chaleur dans leur logement, contre 43 % dans le reste de la France. Cette surreprésentation met en évidence un déséquilibre marqué dans l’exposition aux fortes chaleurs.
À Marseille, une cartographie croisée entre les revenus des ménages et les températures de surface relevées durant l’été 2022 (Médiapart, 2023) établit visuellement ce que les chiffres confirment : les zones les plus chaudes sont aussi celles où les revenus sont les plus faibles.
Cette corrélation entre pauvreté et exposition à la chaleur est d’ailleurs documentée à l’échelle internationale. Une étude portant sur 25 métropoles mondiales montre que, dans 72 % des cas, la température est plus élevée dans les quartiers défavorisés.
Enfin, les travailleuses et les travailleurs exerçant les métiers les plus pénibles subissent de plein fouet les effets de la canicule. Les ouvriers du BTP travaillent sur des chantiers exposés au soleil. Les livreurs pédalent ou conduisent sans climatisation. Les aides à domicile passent leurs journées dans des logements surchauffés auprès de personnes vulnérables. Les agents d’entretien des espaces verts sont, quant à eux, exposés plusieurs heures d’affilée à des températures dépassant les recommandations de l’OMS (28 à 30°C le jour, 26°C la nuit).
À cette exposition professionnelle s’ajoute une exposition résidentielle. Ces travailleurs rentrent souvent le soir dans des logements transformés en bouilloires thermiques. Comme le souligne la Fondation pour le logement, cette accumulation d’expositions à la chaleur aggrave considérablement les risques sanitaires liés aux fortes températures.
